24 avril 1949 • Naissance de Véronique à Boulogne-Billancourt. Ses parents, Colette et René, ont déjà une fille, Violaine, de deux ans son aînée. Elles sont élevées dans l'amour de la musique, leur père leur apprend leurs premiers rudiments de piano. Les cours suivront, mais l'allergie de Véronique à la discipline et au solfège la poussera à continuer seule. Sa mère lui apprend ses premiers accords de guitare. L'apprentissage des langues est aussi au programme (nombreux séjours dans des familles anglaises et espagnoles pendant les vacances, plus tard pension en Angleterre). L'école réussit mal à Véronique pour qui, déjà, tout est prétexte à musique. Au cours de l'été 1965, une grave méningite lui fait frôler le pire, et lui laissera des troubles de mémoire.
1967 • Véronique, Violaine et leur ami François Bernheim enregistrent deux super 45 tours Odéon (Pathé Marconi) sous le nom des Roche Martin, sous la houlette du jeune directeur artistique Michel Berger. Faute de succès, le groupe se dissout. Véronique enregistrera seule un premier 45 tours deux ans plus tard, toujours chez Pathé, avant de suivre Michel Berger chez WEA.
1971-1972 • Après l'écriture d'un concerto pour deux flûtes, deux clarinettes et orchestre, qui ne sera jamais joué, Véronique s'attèle à la préparation de son premier album. Stimulée par la saine émulation de Michel Berger, assurée du soutien inconditionnel de Bernard de Bosson, le directeur de WEA pour la France, elle maquette plus d'une vingtaine de chansons ; certaines de celles qui n'ont pas été retenues pour l'album, seront revisitées et publiées beaucoup plus tard par Véronique au fil de albums (Panne de Cœur en 1992, Clapotis de soleil en 2001, La Nuit se fait attendre en 2010).
Le premier 30 cm de Véronique Sanson, qui restera sous le titre Amoureuse, sort le 20 mars 1972, et connaît un succès immédiat, porté par Besoin de personne que toutes les radios ont adoptée. Arrangé par Michel Bernholc et realisé par Michel Berger, il impose un son nouveau, un phrasé résolument original, une petite révolution dans une chanson française en pleine mutation.
Les premières scènes, au Cabaret de la Tour Eiffel, ou en premières parties de Michel Polnareff, Julien Clerc ou Claude François, mettent l'extrême timidité de Véronique à rude épreuve, alors que, déjà, elle prépare son second album, De l'autre côté de mon rêve.
À la fin de 1972, tandis que Comme je l'imagine et Chanson sur une drôle de vie résonnent en radio, Véronique s'envole pour les États-Unis sur un coup de tête, pour rejoindre la superstar Stephen Stills, qu'elle a rencontré quelques mois plus tôt ; elle vient tout simplement et en un éclair de changer radicalement de vie.
1973-1980 • Le mariage a lieu à Guilford (Angleterre) le 14 mars 1973, puis Véronique et Stephen s'installent dans les montagnes du Colorado. Véronique donne ses premiers récitals en vedette au Québec, où elle est très attendue depuis le succès de son premier album et de la chanson Amoureuse. Elle y révèle déjà, malgré sa timidité, un incroyable tempérament de femme de scène. Elle y reviendra très fréquemment pendant les années '70.
Pendant ce temps, la version anglophone d'Amoureuse fait un énorme carton outre-Manche par la voix de la chanteuse Kiki Dee, produite par Elton John, et entame une carrière internationale qui se poursuit encore. Près d'une trentaine de reprise, dans au moins six langues, sont répertoriées à ce jour.
Christopher vient au monde le 19 avril 1974.
Après presque deux ans d'absence, Véronique Sanson revient en France à l'automne 1974, avec Le Maudit, son 3ème album, qu'elle a non seulement écrit et composé, mais aussi arrangé et produit, à Hollywood, avec les formidables musiciens américains de Stephen Stills, et qui reste la réference culte de tous les sansonniens convaincus. Elle donne enfin ses premiers concerts sur la scène de l'Olympia, deux soirs en octobre 1974, puis une semaine en février 1975, en prélude à sa première grande tournée française.
Elle s'adjoint ensuite les services du producteur Bernard Saint-Paul pour réaliser Vancouver (1976), qui lui vaudra son premier disque d'or et l'un de ses plus gros tubes, suivi du premier disque public enregistré à l'Olympia, puis Hollywood (1977), au groove résolument californien et qui lui permettra d'être la première femme à mettre le feu au Palais des Sports de Paris, et enfin 7ème (1979), l'album de Ma révérence, avec lequel elle retrouve la scène de l'Olympia, accompagnée à la guitare par son nouveau compagnon Bernard Swell, tandis qu'en coulisses, se joue une longue et douloureuse procédure de divorce. À la fin des années '70, Véronique Sanson est la toute première pop star en France, reconnue comme telle par les journaux musicaux les plus exigeants, et rassemblant un public plus nombreux à chaque passage.
1981-1987 • Pendant les années '80, Véronique reprend en main la réalisation de ses albums, qu'elle co-signe souvent avec certains de ses musiciens, à un rythme nettement plus espacé d'en moyenne quatre ans, bien qu'elle ne reste jamais plus d'un an éloignée des scènes. En 1981, Laisse-la vivre porte la signature Sanson-Swell, et annonce la tournée de tous les records, grosse équipe et retour de la section de cuivres, trois semaines au Palais des Sports de Paris (deuxième album public). Le suivant est annoncé pour 1983, avec un Olympia réservé pour un mois, mais l'album attendu ne sort pas. Enfin divorcée de Stills, séparée aussi de Swell, Véronique s'est installée définitivement en France, et y goûte la douceur de vivre aux côtés de son fils, mais peine à retrouver l'inspiration. Seules deux compositions nouvelles sont au programme, c'est donc sur un 45 tours enregistré en concert que le public découvrira la nouvelle chanson poignard Le Temps est assassin. À l'exception de son vieux complice Willy Andersen à la guitare, l'équipe est entièrement française, tout comme le sera le casting qui entourera Véronique en studio l'année suivante, pour la première fois depuis 1972. En mai 1985, C'est long, c'est court annonce enfin sur les radios la parution du 8ème album, sans titre, que tous appelleront finalement l'album blanc; un nouvel Olympia triomphal fin 1985, sanctionné par un troisième album public, quelques festivals en France, en Suisse et au Canada l'année suivante, et à l'automne 1986, elle partage un mois avec Alain Souchon la tournée bicéphale Chacun mon tour, avant de s'offrir une année sabbatique bien méritée.
1988-1991 • En 1988, Véronique publie un album plus percutant, tant dans les musiques que dans les textes, incisifs et engagés : Moi, le venin. C'est l'occasion de ses retrouvailles artistiques avec Michel Berger, qui produit la chanson Allah : carton en radio, avant qu'éclatent les foudres de quelques prétendus fondamentalistes musulmans. En pleine affaire Salman Rushdie, des menaces de mort explicites contraignent Véronique à retirer son nouveau tube du programme de l'Olympia, qui ne figurera donc pas au générique de son quatrième album public, publié à la fin de l'année. En novembre, la première Tournée d'Enfoirés réunit au nom des Restaurants du Cœur, par ordre d'entrée en scène, Jean-Jacques Goldman, Michel Sardou, Eddy Mitchell, Véronique Sanson et Johnny Hallyday. Enfin, du 26 au 31 décembre, Véronique installe les 82 musiciens de l'Orchestre Fisyo de Prague sur la magnifique scène du Théâtre du Châtelet, pour une relecture inédite des plus belles pages de son répertoire. Le disque et la video Symphonique Sanson s'arracheront l'année suivante, alors que les musiciens praguois font à nouveau le voyage pour une tournée. Véronique offre à la fin de 1991 quelques uns des rares concerts qu'elle ait donnés seule au piano, et est à l'affiche du film Le Bal des Casse-Pieds, écrit par Jean-Loup Dabadie et tourné par Yves Robert.







