En repassant sur chaque date de l’actu de cette année
2004 qui s’achève…un sourire béat s’échappe
des vagues de nostalgie qui flottent invariablement quand quelque chose s’achève…
Tout est là !
Rangé chronologiquement…de la conception à la réalisation
et l’enregistrement de l’album…ici ou ailleurs…L.A…Capri…Nashville…Paris
…jusqu’à l’arrivée du premier single sur les
ondes le 18 juin…
De sa participation au tournage du clip de Daniel Lavoie « Bénies
soient les femmes » en janvier au retour sur scène pour une apparition
aux Francofolies de la Rochelle le 17 juillet pour la Fête à J.Louis
Foulquier…
Et puis enfin, l’arrivée le 14 septembre dans les bacs de l’album
« Longue Distance », propulsé n°1 des ventes dès
la première semaine…qui n’échappera pas à la
valse promotionnelle des télés, radios et autres médias.
« Longue Distance »…il est là…avec
tout ce que cet album a pu m’inspirer d’images, de rêves et
de nuits à faire replay parce que j’étais certaine que quelque
chose m’avait échappé…
Tout a du m’échapper…comme d’habitude…parce que
Véronique Sanson, ça ne se décortique pas au milieu d’un
cours de philo ou autre…mais parce que ça se vit, ça se
souffre, ça se rie, ça se pleure et qu’il faudra bien plus
de quatre saisons pour que chaque chanson vienne poser son empreinte sur un
épisode de nos existences et pour qu’on se dise, des années
plus tard… « oui, quand il m’est arrivé ça »
ou « quand j’étais là… », une chanson
passait à la radio, ou sur mon autoradio ou sur ma platine…c’était
« Annecy »…ou « La douceur du danger »…ou
« Mortelles pensées »…car c’est comme ça
que tout commence…ou continue….
Singles extraits de l'album "Longue Distance":
"J'aime un homme" en radio en juin 2004 et "L'homme de farandole",
en radio en octobre 2004.

2004 (chansons commentées...)

Janvier 2004
Le son du silence.
Pourquoi? Comment?
Les disques bien alignés sur l'étagère,
rangés chronologiquement, aucun ne dépassent sur cette planche
de bois.
C'est peut-être bien là le pourquoi du comment;
aucun ne dépassent, ne tend cette main invisible qui m'a tant de fois
rassuré en venant caresser la platine et m'emporter loin, très
loin, là où les rêves ne s'arrètent jamais...ils
n'étaient jamais bien rangés, ils bougeaient, vivaient, tournaient,
tombaient parfois sans jamais se casser, s'empilaient, s'écroulaient,
se mélangeaient sans ordre précis, s'aimaient...
Fermer les yeux, effleurer les boitiers de plastique du bout
des doigts ou pianoter distraitement sur les pochettes cartonnées,
écornées, jaunies, s'en remettre au hasard...et plonger.
Aller de ville en ville
Ça je l'ai bien connu
Je mène ma vie
Comme un radeau perdu
Les gens de la nuit
Sont toujours là quand il faut
Ils vous accueillent avec des rires et des bravos
Plonger soudain dans ce port de Vancouver tant de fois visité,
ici, là-bas, sur scène...en voiture, sur scène...dans
le salon, sur scène...dans une chambre d'enfant, sur scène...sur
une plage de Méditerranée, sur scène...sur scène...sur
Seine...
Vancouver!
Overdose musicale, antidote anti-mal, amarre jamais larguée,
ancre de platine tatouée dans l'âme, cicatrice invisible.
Le son du silence
Il faut l'avoir connu
J'appelle la chance
Qui n'est jamais venue
Je n'irai pas plus loin, le disque s'est arrété
tout seul...panne de coeur, plaie béante, concentré des rêves
brisés...Vancouver...
Les randonnées folles sont bien loin, les gens de la
nuit aussi, emportant avec eux les vapeurs d'alcool qui flottent encore comme
une brume invisible, les rires et les bravos...et Vancouver.
Reste le radeau perdu...toujours et encore...toujours et à
jamais...voguant sur les souvenirs amers.
C'est difficile le choix d'une vie.
Je chante
dans le port de Vancouver
Et je lance des menaces dans les airs
Et je danse, je danse
C'est bien
Je n'vois jamais le matin
Et c'est bien



Février 2004
Véronique...un soir, comme
ça...
« Véronique »…la chanson !
Non! Pas son nom ! La chanson !
« Véronique » !....
Tu ne connais pas ?
Sur l’album « Le Maudit » !
Ah ?!... Tu ne connais pas Le Maudit…..
Bon…évidemment dans ce cas…
Euh…tu as bien un peu de temps là ?
La soirée ?
…prévoie la nuit va, ça sera mieux !
****
C’était en 1992, une amie que j’avais tenté
de convertir quelques années plus tôt sans succès, venait
de plonger toute seule dans l’eau de pluie !
Je saisissais ainsi l’occasion de lui éviter de boire la tasse
trop vite…mes petits disques dans les bras.
Toute la soirée, dans les volutes de fumée bleue et de bouffées
d’encens, elle a écouté…sans un mot, ou presque.
Il n’y avait que moi qui parlais, entre deux chansons, pour tenter d’expliquer
l’inexplicable, pour exprimer l’inexprimable... avec des mots…
Parler du verre qui caressait le dos, des poussières de pollen, de
la vie qui s’en va , du corail de Hawaii et de la pluie sur la fenêtre…parler
de l’autre planète et de l’eau de Bahia, de l’homme
sans frontière, du moment important, des drôles de totems et
des cigales de l’été…de l’arc-en-ciel qui
s’en va, de la ville de millionnaires, des diamants jaunes et des étranges
médecines…parler du tapis carré et du radeau perdu et
même de l’araignée …
(« Mais c’est quoi cette araignée qu’il
faut laisser ?... »
« … euh…une araignée, mais il n’y a aucune
araignée dans ses chansons,c’est horrible ces bêtes-là,
pourquoi veux-tu qu’elle en fasse une chanson ?
Non ! Il n’y a aucune araignée !... »
« Ah bon…. »)
…donc parler de tout ça et du temps qui dessèche
ce qu’il inonde, des longues nuits et des vents alizés, de l’autre
côté du rêve et du quatrième pont et…
« Véronique »…
Diantre! Comment pouvait-on écrire une chanson dont
le titre était son propre prénom …
Voyons…non, "ils" n’ont jamais osé !
Elle si !
Pour mieux combattre ses blessures, pour affronter ses propres démons,
pour vivre tout simplement…
« Véronique » est tout sauf un miroir pour
s’admirer.
1974, au milieu des montagnes du Colorado, « Véronique
»…c’est son nom…et c’est ainsi qu’elle
s’est offerte, dans la plus totale nudité de l’âme,
sans artifice, sans maquillage, lucide dans la brume artificielle, seule au
milieu de tout le monde, vulnérable et redoutable sans le savoir encore…
Il y a des jours
Où j’ai plus ma raison
Plus d’horizon de religion
Et plus d’amis
Je suis si seule
Que j’ai mal à l’âme
Et c’est dommage
J’ai plus ma tête à moi
Quelquefois
So I just sing
That song again
Il n’y avait pas de chanson plus sobre que cet extraordinaire aveu d’une
vie d’étrange comédie, dans un pays sans horizon…
Cette confession sincère et authentique évoquée avec
des mots simples et qui pourtant transperçaient le cœur.
Cette solitude jamais égalée dans les autres chansons, tout
le noir du désespoir si joliment camouflé par la magie de l’illusion…allez,
oublier…oublier…oublier tout !...sauf ça :
Véronique, c’est son nom.
****
Je n’étais pas certaine que mon amie ait tout
saisi cette nuit-là, à vrai dire cela m’importait peu
dans le fond…on ne peut pas expliquer l’inexplicable…
Sûr qu’elle devait avoir un petit CD violet quelque part chez
elle…mais je doutais vraiment qu’il ait été rejoint
par ses prédécesseurs ou ses successeurs.
Nos vies ont pris des chemins différents…nous
nous sommes perdues de vue, oubliées très certainement jusqu’à
ce que je l’aperçoive huit ans plus tard à la fin d’un
concert où les papillons parlaient aux étoiles…on ne s’est
rien dit…elle m’a regardé et a souri…j’avais
compris, et elle aussi…
« Véronique »… laisse-la régner…




Mars 2004
L'ombre grise de l'hiver...
C’est une plage en hiver…la mer est aussi grise
que le gris du ciel qui la rejoint au loin…
Cette plage de sable qui longe la côte au sud de l’estuaire …après
l’entrée du port de plaisance…là…derrière
l’écluse…ne vois-tu pas ?
Dans l’ombre grise… ?...
Non il ne voit pas ; il ne voit pas car il regarde la mer
au loin partir à l’infini vers un futur imparfait alors qu’il
suffirait juste de tourner un peu la tête vers la droite…vers
le fleuve, son fleuve à elle…celui de sa vie.
Elle, elle le voit….elle la voit…
Oh elle n’a rien de commun avec les boucles et méandres de l’amont
tout en douceur, mais c’est bien elle là, avant la noyade suprême
dans l’eau salée, avant la liberté du dernier pont.
Je suis toute seule
Emmène-moi sentir l’odeur de la mer
Je suis toute seule
Empêche-moi d’être toujours de l’hiver
…l’hiver…
Allez, vas-y, remonte-la…brave le courant et le vent, recule pour avancer…tu
vois, elle te cajole déjà, ressert ses bords pour te bercer,
se fait câline, presque maternelle…chut !...écoute-là…
Le ciel gris s’est éclairci, l’hiver a
fait place au printemps et les souvenirs rejaillissent de l’écume
encore iodée comme une vérité évidente :
Ainsi s’en va la vie
Dans l’air du temps
Comme par magie
Tout paraît évident
Tout vous semble important
Le grondement s’affaiblit…l’eau vagabonde
reflète les arbres des rives qui ondulent sur ce miroir géant…ne
pas se pencher…ou juste un peu …ne pas chavirer surtout…continuer
à avancer dans le passé sans trébucher sur des regrets
inutiles…tourner à l’envers avec ivresse…et vivre
!
Ainsi s’en va la vie
Dans l’air du temps
Et la folie dérive doucement
Vers un monde évanoui
Dernière escale…non ce n’est pas un port,
juste la fin du voyage à travers le temps…après il faudra
bien redescendre la rivière de la vie…accepter que les fleuves
ne coulent jamais que dans un sens…que leurs lits ne s’apprivoisent
pas…que si la mer est grise en hiver, elle redeviendra bleue au printemps…bientôt…
sauf les jours de tempête, car il y en aura !...que quand les couleurs
de l’arc-en-ciel se confondront, le soleil réapparaîtra
…que les cigales rechanteront l’été prochain…
Ainsi s’en va la vie
Ainsi s’en va le temps
Et la folie
Dérive doucement
Ainsi s’en va la vie
Ainsi s’en va le temps
… l’été…


Mai 2004
Le temps prendrait tout son temps...
Tout est passé si vite !
Elle le chantait il y a vingt ans que le temps était
assassin...il y a un an, elle domptait enfin les petites aiguilles infernales,
les sommant de s’arrêter le temps d’une pause.
Main dans la main, voix entremêlées, j’ai
cru quelques temps qu’elles y étaient arrivées…
Là, à deux, on est plus fortes !
Et puis tout est passé si vite…
C’était il y a pourtant plus de onze ans maintenant,
lors d’un voyage jusqu’à Bahia, main dans la main déjà,
elles suivaient l’eau vagabonde si harmonieusement.
Puis se croisaient sous les soleils artificiels des plateaux de télé,
exclusivement féminines pour des duos endiablés, complices pour
séparer symboliquement des Victoires…
Et puis tout est passé si vite…
Mais elles étaient toujours là…non pas
indissociables musicalement mais complémentaires…l’une
ouvrait les plaies à l’âme en nous mettant face au miroir,
l’autre les pansait avec chaleur et réconfort…ou inversement…selon
les moments, les mots, les douleurs… les bonheurs...les harmonies…c’est
la vie qui décide…
Alors je les ai attendu…
Elles sont venues mais j’ai loupé le rendez-vous ce soir là,
en automne.
Le seul peut-être que j’ai loupé…
Et tout est passé trop vite…
J’ai suivi Maurane sur cette tournée 2003/2004
fort joliment intitulé « L’Heureux Tour » durant
une douzaine de concerts ; c'est presque fini...
J’ai espéré longtemps y croiser Véronique,
au détour d’un bâton de pluie qui aurait égrainé
quelques secondes magiques comme les gouttes de pluie de Bahia il y a onze
ans…puis je me suis résignée après la première
date de mars…je ne l’ai plus attendu, et puis d’ailleurs
elle n’est pas venue.
Libérée de cet utopique espoir que j’avais
rangé au fond de mon cœur après Conflans, j’ai bu
dans le même rêve que Maurane et son public jusqu’à
la lie !
Les concerts ont pris une autre dimension, celle du bonheur et des étoiles
plein les yeux !
Les étoiles, il y en a encore plein le ciel Véro
!
Et 2005, c’est demain !
Tout passe tellement vite ...



Juin 2004...le 10...
L’été arrive…et
j’ai tant de choses à faire…
Oui, j’ai loupé le 1er juin, en toute conscience
même si ça n’était pas délibéré.
Oui, j’aurais bien « zappé » le texte du sixième
mois…pourquoi ?...
Mais parce que je l’attends !
Et c’est toujours la même histoire et le même
cinéma…le son du silence fait place à celui des mélodies
en attendant…en l’attendant.
Impossible d’écouter la moindre de ses chansons
sans plonger irrémédiablement dans un passé imparfait,
composé…de millions de pièces d’un puzzle inachevé.
La musique a tant d’histoires…
Cette attente « chairedepoulesque » avant un nouvel
album, une nouvelle chanson…le summum étant quand ce nouveau
disque se trouve enfin calé dans la boite à rêves...juste
avant « play »…
Alors, en attendant ce moment important…me viennent
juste quelques mots…
Toi, qui en pleurant des larmes de sang, essuyais les nôtres…
Toi qui en frôlant le bonheur, construisais le nôtre…
Toi qui en aimant la vie tellement, faisais briller la nôtre…
Toi qui, avec ce regard de myope généreuse,
Ne voyais plus l’horizon
Toi qui, derrière ce sourire d’amoureuse,
N’avais plus sa raison
Toi qui, sous cette passion sans borne,
Rendais nos vies moins mornes…
Pour toutes nos âmes mises à nues
Pour toutes ces nuits folles et magiques
Pour ces moments pleins de musique
Pour tout cela et pour le reste
Au-delà des mers, au-delà des vents,
Et au dessus des méridiens…
Merci.
Merci pour le passé, le présent, et l’avenir…


Juillet 2004
Fais attention...!
Une nuit d'automne....une porte qui claque sur un mur de silence
indifférent...une ruelle sombre...une ombre qui fuit...qui s'enfuit.
Par peur de qui, de quoi?
Par peur de l'amour...d'un amour ...
Je cours la nuit
Je cours dans les ruelles
Sans soucis des assassins
Sans toi la route est longue
Fais attention à mon amour
Ecoute-le qui gronde
Ecoute-le te faire la cour
Elle courrait à l'époque...elle courrait après
l'irréparable...après l'arc en ciel qui s'en allait...après
l'amour rebelle qui grondait au loin comme un souvenir presque effacé...
Elle s'ennivrait dans sa course vagabonde au delà des continents et
des ruelles pleines d'assassins qui l'attendaient avant même son passage...
Elle criait:
Où que tu sois au monde
Je te retrouverai quand même
Puis l'amour s'est enflammé à travers le désir....ce
sentiment qui rend fou!
Ne plus courrir et ne plus fuir...brûler l'instant présent...se
consummer dans un soupir sans retenue ni jugement...et vivre tout simplement...là!...maintenant!...tout
de suite!...vite!
Le désir latent dans mon
regard
Dans les abîmes de ma mémoire
Avant de voler ton âme
Je voudrais calmer ma flamme
Il y a quelque chose en moi
Sans foi ni loi
Qui m’épouvante parfois
Aujourd'hui, elle ne prévient plus, elle affirme!
Après s'être peut être trop brûlée aux fers
du dieu de l'amour, les choses ont changé, la vie a changé,
elle a changé!...et surtout elle ne court plus dans les ruelles après
des ombres.
Se glissant doucement mais avec force et conviction (ultime
paradoxe) vers la lumière d'une dernière illusion d'être
aimée, elle y croit!!!
Elle y croit sachant qu'il n'y aura peut être plus d'autre chance...
"Je t'aime !..mais...attention!!!"
Ce n'est plus une course vers un amour enfui, c'est la déclaration
d'une femme amoureuse qui veut le rester, mais qui maintenant se preserve
d'un éventuel desespoir en prévenant sans menacer que le droit
à l'erreur n'est plus d'actualité.
J'aime un homme
Mais j'avoue j'ai peur pour lui qu'il m'abandonne
le jour où il ne trouvera plus personne
Qu'il se heurte à mon vrai mur d'indifférence
...fais attention à mon amour....



Septembre 2004
Come on! Come on! Voilà l'idole....
1 heure 50 de vol...plus ou moins...en tout cas rien à
voir avec un long courrier, une longue distance...
On ne peut plus reculer cette fois, faire faire demi-tour à un boeing,
non…impossible !
Il faut y aller, se jeter dans l’arène…
« Ya pas de doute, là faut que j’y
aille »
Combien de fois l’a-t-elle fait ?
Combien de fois a-t-elle dompté cette foule en effervescence, petit
torero blond dans ses habits de lumières au milieu des scènes
les plus belles ?...
Des centaines et des centaines de fois…
« J’entends mille voix »
Des milles et millions de voix depuis le temps même…rumeur grisante
et affolante qui s’élève de l’autre côté
du rideau, des loges, des coulisses selon les lieux …cris, sifflets,
bravos,micros, Véro….
« Lève-toi, lève-toi »
Le petit dernier tant attendu dans les bagages, l’avion amorce sa descente…les
calas et le sel marin sont déjà loin, mais comme un merveilleux
présage, le soleil de Paris illumine ce premier matin de septembre
2004…un an pile…promesse tenue…
C’est parti !!!


Octobre 2004
Je l'ai tellement manquée.....
Les Rocheuses …c’était hier….ou y
a vingt ans…vingt ans demain…peu importe.
Les siennes étaient bien loin en apparence…longue distance…fatale.
Les miennes, je les avais quitté pour rentrer en France et pourtant
le voilà mon Colorado !
Aussi noir que la forêt du même nom qui constitue désormais
mon seul horizon, moi qui soudain n’ai plus d’amis, plus de religion…plus
rien…même plus de maison…
Tout est cassé, tout est mort…la vie se rebelle
et je ferme tout pour essayer de passer à travers la tempête,
d’oublier…mais le vent ne s’arrête pas, il souffle
de plus en plus fort et l’ouragan se gonfle.
Il n’y a même plus de musique…je ne l’entends plus,
je ne l’écoute plus…je ne sais même plus où
elle est…
Indestructible, on est indestructible
Indestructible, mais beaucoup trop sensible
Indestructible, une âme inamovible
Une lueur pourtant, une petite lueur au loin qui scintille encore…je
m’en approche…non ! Ce n’est qu’un mirage, j’ai
rendu les armes et même elle n’arrive plus à me les faire
reprendre.
Véronique qui se chante Indestructible…je ne comprends plus rien.
Amoureuse oui…redoutable…sans doute !...misérable…parfois…mais
indestructible ?....
Indestructible, un parfait cœur de cible
Indestructible, tout nous paraît possible
Indestructible, tout nous paraît possible
Mais plus rien n’avait d’importance…moi
aussi j’ignorais tout des gens, et ça avait aussi fini par me
paraître normal…tellement, tellement que je n’avais rien
entendu…ou rien voulu voir….
Fin du Tour 98 Ma révérence a laissé la place à
une autre chanson en guise de rappel…
Je m’étais tellement trahie
J’avais rendu les armes
Et j’ai tout démoli
A cause d’une petite larme
La petite larme…elle tombera sur les touches du piano
après avoir roulé doucement, fatalement, sur un visage au drôle
de regard comme au travers d’un brouillard …mais on n’avait
rien compris !...
Non ! on n’avait rien compris et pourtant elle le disait...le chantait
avec toute son âme…et on n’avait rien compris….
C’était mon Lucifer
Qui tremblait devant moi
C’est pas que j’en sois bien fière
Mon hôte était à moi
Je pleurais des larmes de kirsch
Aux petites heures du matin
Dommage qu’il faille qu’on triche
Avec tous nos chagrins
Elle n’avait rien de lacrymale cette petite perle d’eau
de vie…oui de vie, parce qu’il faut bien vivre…
Alors adieu les fausses Rocheuses, adieu les faux semblants,
adieu les faux magiciens…Bien sur qu’elle était toujours
allumée la petite lampe, bien sur qu’elle brillait toujours l’étoile
rouge, faiblement certes, mais elle était là et allait bientôt
scintiller de mille feux !
Je suis assise sur une bombe atomique
Et pour une fois c’est vraiment pathétique
Les tentations qui sont souvent magiques
Me font l’effet d’un retour d’élastique
Et tous les jours je lutte tout le temps
Contre un démon qui me veut vraiment
Et c’est de là que j’aime la douceur du danger
La bombe atomique, on l’a prise en pleine tête
en 2004…parce qu’on avait rien compris avant.
J’ai ressorti le disque...le bleu et ocre…et je l’ai posé
sur la chaîne…j’ai attendu, assise par terre, et tout à
coup je l’ai entendu :
S’il me reste un sanglot
Une petite lampe allumée dans mon âme
Je les offrirai aux autres
Je me suis pardonnée
Je sais maintenant qu’elle ne s’est pas pardonnée ce jour
là…y a plus de six ans…le CD s’est arrêté,
je l’ai arraché à la platine pour mettre la plage 10 de
Longue Distance et les mots ont résonné à travers les
vapeurs méphitiques….celles de Vancouver, d’Hollywood ou
d’ailleurs….
Je me suis tellement manquée
Je me suis tellement fait de mal
...on n'avait rien compris....


Novembre 2004
Danger...radio vipère....
Jamais je n’aurais imaginé prendre cette chanson
comme support à un des petits papiers mensuels…non pas parce
que je ne l’aime pas…non, pas du tout...mais parce que je ne me
sentais pas forcément concernée c’est tout…jusqu’au
jour où….
Danger radio vipère
Tout le monde l’écoute tout le monde l’écoute
Qui met nos univers
Tout à l’envers, tout à l’envers, le monde à
l’envers
Danger radio vipère, danger danger colère
Parce qu’il arrive toujours au moins une fois ce jour
étrange où on fini par fermer d’abord la porte de l’entrée
de la maison…puis les volets….puis les portes de toutes les pièces…puis
les yeux…
Alors ce texte ne ressemblera sûrement pas aux autres…il
n’est ni une fiction…ni un rêve…mais la réalité
de la vie d’un site web et de ses quelques protagonistes…
La star tout d’abord…vedette, idole, icône,
artiste, chanteuse…vous pouvez bien lui donner le nom que vous voulez…centre,
noyau, cœur et raison d’être de ces quelques mots balancés
sur une toile d’araignée virtuelle jusqu’au bout du monde
entre deux ou trois images…se glissant entre les méridiens et
les parallèles…jonglant avec les fuseaux horaires sans pour autant
quitter le ventre de la bête...là…au fond d’un ordinateur….
Les passages au pilori
C’est tout leur passe-temps favori
Les matraquages au bistouri
Oh non non non
Et pour que la chanson de 1988 ne devienne jamais une réalité
sur ce site…on se bat ! Au quotidien !...même si ce n’est
pas l’impression que ça donne forcément...oui on se bat
contre les « radios vipères » devenues avec le temps des
« emails vipères » ou des « messages vipères
»…je ne sais pas comment les qualifier…on se bat pour que
les petits fronts suants de platitude qui ont toujours quelque chose d’important
à nous dire se taisent !
En contrepartie, on prend des coups !
C’est comme s’ils savaient tout par
cœur
Nos vies nos peurs nos cœurs nos mœurs
C’est tout dire
Et on se bat aussi pour nous….parce que les merlins
de mélissande, quand ils se heurtent à un vrai mur d’indifférence
se transforment parfois en furies...oui Danger radio vipère !!!
C’est comme s’ils enlevaient les couleurs
Pour faire des parfums sans odeurs
On est dans la nuit
Quand t’as affaire à des furies
Faut pas lutter ça sent le roussi
Je ne sais pas s’il ne faut pas lutter…je sais juste que cette
petite chanson un peu en dehors de l’univers Sanson habituel était
finalement une chanson qui s’appliquait à tout le monde…et
que je ne fermerai pas les volets parce qu’il y a pire que les matraquages
au bistouri et les passages au pilori…il y a...
Danger radio vipère
Tout le monde l’écoute tout le monde l’écoute
Qui met nos univers
Tout à l’envers, tout à l’envers, le monde à
l’envers
Danger radio vipère, danger danger colère



Décembre 2004
Une maison après la mienne....
Ils me l’avaient presque promis mon Olympia en 76…presque….mais
ce n’est pas assez.
Et puis le vibrato…au fond d’eux…ils ne pouvaient pas…
Une chanson à la télé de temps en temps ou dans le poste
de radio…le tourne disque la porte fermée et pas plus fort qu’à
2 au niveau du volume (sur une échelle de 10)…oui, à la
rigueur….mais deux heures de (comment ils disaient déjà
?....)…ah oui, de " trémolos ", c’était
le terme qu’ils avaient employé…là, impossible !
Alors, à défaut de "la petite américaine",
ils avaient opté pour la grande…blonde aussi…pfffff tu
parles d’une consolation même si c’était mon premier
concert et que malgré tout je m’en souviens bien….reste
un goût amer….celui de la déception.
Mon premier concert, j’aurais tant voulu que ce soit elle….comme
le premier 45t…le premier 30 cm….le premier " live"…lot
de consolation :
« Live at the Olympia 76 ».
Une maison après la mienne…
Pourquoi ça ne passe pas ? Une maison après la mienne, il y
a…et bien il y a…Mon Voisin…92…et entre temps l’Amérique,
les pays chimériques…Hollywood et Beverly Hills….et une
Longue Distance déjà creusée…
Elle là bas…moi ici…elle ici…moi là bas…un
avion s’en va…toujours, toujours….!
S’en aller….sans regrets….sans aller…et retour…sans
retour…sans regrets…Mon Voisin…
Rien de bien transcendant…juste une personne qui vit une maison après
la mienne mais dans un autre monde, une autre galaxie…
Et pourtant, partout…la même lune qui brillait…jusqu’à
l’eclipse totale ! Black hole !...et une voix au loin…très
loin…trop loin qui raisonne…..
On dort dans la même ville
Pas sous le même toit
Mais chacun sur son île
Quelle ville ? Quelle île?
Une ville, où tout le monde est tranquille…non….juste une
antichambre obscure où on se retourne vers l’enfance : Une maison
après la mienne….dans une île, partout dans les continents...
Paf ! Olympia 76 en pleine face et sans regrets puisque de toutes façons
ils n’avaient pas compris…
Et moi ?...Qu’est-ce que je comprends là ?....Oh plus rien depuis
longtemps…plus rien depuis toujours peut être…ou plutôt
tout…. trop bien...cet univers qui n'est pas le mien...
On dort dans la même ville
Pas dans la même vie
Mais sous la même étoile
…mais les étoiles, c’est pas comme la lune…elles
sont si nombreuses…c’est laquelle la bonne dis ?
Celle que tu auras choisie……
Je prends celle là alors….la rouge….elle n’a pas
de nom mais elle brille tellement jusqu’au plus profond des yeux même
quand la vie est aussi noire que la nuit qui la sublime….elle brille
tellement qu’elle se reflète dans l’eau du fleuve là…je
me penche…je la vois à la surface de l’eau….reflet
magnifique comme les notes d’une petite chanson sans paroles venue d’une
maison après la mienne qui n’est pas celle de mon voisin…juste
celle d’une étoile rouge….très tôt le matin….

