Le 29 janvier, Véronique entre aux Studios Guillame
Tell de Suresnes pour y enregistrer un duo avec Julien Clerc intitulé
"Volons vers la lune" qui sortira en mai sur l'album "Studio"
de Julien. (commentaires, rubrique "feeling",
Volons vers la lune )

Dans la lignée des duos, c'est au tour de Maurane de
mêler sa voix à celle de Véronique pour un magnifique
duo sur un texte de Peter Lorne, "Petites minutes cannibales" que
l'on retrouve sur l'album de Maurane "Quand l'humain danse" au mois
d'avril. (rubrique "feeling", Petites
minutes cannibales)
En juin, Véro commence à enregistrer les maquettes
d'un futur album; les noms de William Sheller, Alain Chamfort et Christopher
Stills sont évoqués et, en juillet, elle enregistre une première
partie provisoirement composée de 8 titres aux Studios Guillaume Tell.
A la rentrée, Véronique parle de son prochain
album et annonce sa sortie pour septembre 2004.

Petites retrouvailles avec la scène afin d'accompagner
Maurane lors de son passage au Casino de Paris le 15 octobre pour deux duos.

De retour aux studios, c'est sur un instrumental qu'elle travaille
en compagnie de William Sheller avant de s'envoler pour Los Angeles fin novembre
pour l'enregistrement de nouveaux titres aux Pacific Studios de North Hollywood
où elle avait déjà enregistré "Sans regrets".
L'année 2003 s'achève donc, pleine de promesses
pour 2004!!!

2003 (chansons
commentées...)

Février 2003
C'était il y a 10 ans...
Février 1993. Une brasserie comme il en existe des
milliers, un comptoir avec ses "piliers", quelques banquettes derrière
des tables collantes, un baby foot, un billard, quelques jeux et un vidéo
juke box...
5 francs une chanson, 10 francs les trois, et inlassablement
le même titre, jusqu'à l'écoeurement, l'overdose.
C'était il y a 10 ans...
Des gens de la nuit, des vapeurs d'alcool et des cheveux qui
collent comme le comptoir maculé de ronds de bière malgré
les incessants passages d'éponge. La musique que l'on n'entend même
plus dans le brouhaha et les trois écrans du vidéo juke box
qui, imperturbables, règnent sur cette fourmilière.
Trois écrans qui diffusent le même clip d'une
chanson qui restera propablement l'un des plus gros succès commerciaux
de Véronique suivi par certainement la tournée la plus longue
qu'elle n'ai jamais faite.
Une révélation pour certains, un sacrilège
pour d'autres malgré leur plaisir non dissimulé sur le moment,
et incontestablement le sommet de la popularité pour Véronique.
C'était il y a 10 ans...
L'album fût vendu à plus de 500 000 exemplaires,
la seule tournée de 93 fût applaudie par plus de 100 000 spectateurs,
le Zénith parisien fit salle comble en mars pendant une semaine et
aurait largement pu jouer les prolongations.
C'était il y a 10 ans...
...Sans Regret?...vraiment?...



Mars 2003
Poussière...
Le printemps revient...il est presque là,
prêt à éclore,
à se lever comme le soleil
qui surgit derrière la montagne à l'aube...
Certaines régions sont encore endormies,
encore enneigées...
mais les bourgeons sont bien là,
et les premières couleurs de la vie renaissent doucement...
" J'voudrais que le temps m'oublie
Et tourne à l'envers
Comme les saisons."



Avril 2003
Les oiseaux sont de retour...
Ils étaient partis il y a bien longtemps, comme les
talents ils avaient volé sur l'Atlantique, loin de nous...
Puis étaient revenus, comme ça sans raison,
comme ça sans saison, au grè de leurs errances harmoniques,
souvent à contre courant, dansant dans le vent fantastique de la musique.
De temps en temps ils avaient suivi d'autres oiseaux, s'engageant
dans leur sillon; c'est parfois plus rassurant de suivre, moins solitaire
aussi, mais tellement moins personnel, moins libre.
Seulement quand on est si beau, si majestueux, si grand par
le talent , on n'a pas besoin de suivre les autres oiseaux, on n'a besoin
de personne, on est libre, libre comme l'air qui porte cet oiseau fabuleux,
représentant du soleil, du feu créateur et parfois destructeur,
du renouveau éternel. Il n'existait jamais qu'un seul phénix
à la fois et il vivait très longtemps...
"Je renaîtrai toujours
de mes cendres
Qu’ont provoqué leurs incendies
Pathétiques, miséreuses et dantesques
Impitoyables et sans merci"
Alors vole bel oiseau, n'aie pas peur, brille de mille feux,
lève toi avec l'aurore comme le soleil et innonde tout de ta lumière
retrouvée!



Juillet 2003
Dés que le vent soufflera...
L' affiche est réapparue...
Combien?
3 ans...bon d'accord, et puis après?!...
Il y a parfois des choses, des moments auxquels on ne croyait
plus et qui nous gratifient soudain de leur magie, de leurs émotions,
de leurs frissons.
Pourquoi cet instant là, ce moment important?
Mystère...
Mais l'évidence est là, et même si à
ce stade de la tournée le petit rossignol n'a pratiquement plus de
ficelle vocale au début de son bal du 14 juillet de juin ou de mai,
le public est là, là comme jamais!
Il le porte, le transporte, ne le lâche pas, le conforte
et le réconforte, le libère enfin pour trouver ce coeur perdu
qui n'enerve plus personne mais touche, vibre, bat et fait fondre les plus
tatoués d'entre nous...
Chaque soir le miracle se produit, chaque soir on y croit
et c'est sûrement aussi pour ça que lui aussi y croit, et nous
emmène dans sa galère de chansonettes, dans sa farandole de
mots de bistrot...et de l'est jusqu'à l'ouest, et du nord jusqu'au
sud, les petits rouges gorges suivent la musique où elle va et s'envolent,
si légers, si libres...
Ce soir là, noyé dans les larmes de Manu, le
soleil s'est couché derrière la montagne, comme chaque nuit...seulement
demain, dés que le vent soufflera, le soleil se lèvera à
l'ouest, le temps tournera à l'envers comme les saisons, bousculant
toutes les théories, toutes les formules appliquées...le soleil
se lèvera en même temps que le vent, et ça repartia Madame!



Août 2003
Le moi doute...comme ça sans
raison...
Le soleil était rouge en se couchant...aussi rouge
qu'un coeur de sang, qu'une étoile rouge, qu'une affiche rouge...les
étoiles rouges sont les froides, les bleues les chaudes...c'est curieux,
ou peut-être logique. Dans le fond, les affiches bleues ont montré
qu'elles étaient chaudes.
Le soleil est descendu derriere la ligne d'horizon laissant
derrière lui des petites trainées tout aussi rouges que le rouge
de son coeur incandescent, des petites traces comme les volutes lumineuses
des étoiles filantes que l'on croise au mois d'août entre Ciel
et Scène......
Il est parti mais les poussières d'étoiles solaires
sont restées encore longtemps dans le ciel qui s'assombrissait doucement.
Les grillons ont chanté...ils chantent la nuit les grillons, pas comme
les cigales, mais il n'y a pas de cigales ici...
Ils ont chanté seuls dans la nuit...non!...pas seuls!...au
loin, et pourtant si près, quelques notes sur un piano d'ébène
les ont accompagné, et je suis partie me coucher...
Dis-lui de revenir
Je l’attendrai toute la saison
Que l’été va venir
Que je suis toute seule à la maison
Qu’il fait bon dehors
Les cigales de l’été
Vont bientôt s’arrêter
Et tout appelle à l’amour
Comme ça sans raison
Comme ça sans raison
Dis-lui de revenir
Je l’attendrai toute la saison
Que l’été va mourir
Que je suis toute seule à la maison



Septembre 2003
Juste une petite fille...
1979...cachée sur la face B d'un 45 tours et écrasée
par le titre phare du futur album "Ma révérence",
la petite Mélodie de Véronique ne verra jamais vraiment le jour...
Fais moi une mélodie
Qui me touche tout au fond de moi
J’ai pas besoin de l’avoir tout de suite
Prends le temps d’y penser pour moi
Qui balance par en dedans
Et qui m’emmènera bien au-delà du temps
Comme un rêve inaccessible, elle s'est évaporée
au petit matin dans le dernier printemps des années 70.
A l'automne, lors de la sortie de "7ième",
elle n'était déjà plus là. Prémonitions?....
Elle sera pour moi
Rien que pour moi
Bien au fond de moi
Bien au fond de toi
Ca fait des années que je l’attends
Et je t’aime
Mélodie était un rêve.
De ceux que l'on fait quand on croit au bonheur, quand il
ne se contente plus de nous frôler et de nous carresser le dos comme
le verre...
Mélodie était l'avenir, le prolongement de la
vie qui nous emmène au-delà du temps.
Mélodie était l'amour...
Petite fille petite fille
Le jour où elle arrivera
Je lui dirai je viens de loin
Je serai bien
Et je te dirai mon amour
Ca vaut la peine de me taire
Précieusement préservée, bercée
tout au fond de Véronique, Mélodie n'est jamais montée
sur scène.
Un choix?...Un hasard?....
Peu importe. 24 ans après, "Fais-moi une mélodie"
ne sera jamais dépassée, n'aura jamais lassé et restera
la douceur onirique d'une femme de tente ans.
Elle était pour elle
Rien que pour elle
Bien au fond d'elle...



Octobre 2003
Rideau!...
La brume se lève sur la ville, le soleil est presque
énervant...ce voile surréaliste qui avait plongé le paysage
dans un décor onirique vient de s'évaporer comme les rêves
que l'on fait sur le matin et dont on se souvient le temps d'un baillement....
Un oiseau s'est posé sur une pierre abimée et
il s'est mis à chanter.
Le théâtre s'est rempli de spectateurs curieux,
anxieux ou avisés.
Les lumières se sont éteintes et le lourd rideau
bleu a commencé à s'ouvrir lentement...
La tension est montée sous les applaudissements et
les sifflets impatients, les premières notes au piano d'une mélodie
que nous connaissions tous ont enveloppé nos oreilles, nos coeurs,
nos âmes en remplissant l'atmosphère électrique de cette
douce soirée d'automne et....
et...
Et c’est là que tout
s’arrête
Car tu n’es pas venu
Et je suis seule au milieu de la rue
L'oiseau s'est envolé, emportant avec lui ce rêve
matinal d'un jeudi 2 octobre...où j'avais rendez-vous...



Novembre 2003
Toi et moi....Sans regrets...
Est-ce plus facile de quitter que d'être quitté?
Il y a un peu plus de dix ans, dans un Zénith surchauffé
malgrès la froideur de sa structure de métal, elle a fui....sans
regrets...sans regrets...
Du moins le croyais-je!
"Sans regrets" était le titre, le nom de
l'album, beaucoup plus qu'une chanson, c'était un cri!
La chanson je ne l'avais pas écouté...dix ans
plus tard, elle m'a rattrappé, hurlant comme la louve à la lune
qui l'appelait, éclatant mon coeur dans la brume d'un soir d'automne...errant...errant...errant...
Est-ce plus facile de partir que de revenir?
Cette fin inéxorable à travers ce regard qui
ne voyait pas ou si peu, comme un paysage qui s'éloigne derrière
une vitre où la pluie ruisselle des orages passés.
Pour que sans regrets ne deviennent pas sans remords:
Je me pardonne mes fautes qui m'ont
un jour offensé
Et je dirais tout haut que j'ai toujours aimé
Sans regrets, sans regrets
La colère s'est calmée, la brume s'est évaporée...reste
cette plage automnale où les traces de pas d'un destin se succèdent
sans se soucier de la mer qui les effacera ou du vent qui les balayera...puisqu'on
avancera...
Et même si quelquefois, aux heures tardives de la nuit,
la lune semble encore lancer ses appels redoutés...elle brille aussi
de la vie,
elle brille pour toi, elle brille pour moi.



Décembre 2003.
Je les hais....mais s'il suffisait
d'aimer.....
Ami(e)s dionophobe ou goldmanophobe, ne fuyez pas!...Ce n'est
que le titre, et je n'en voyais pas d'autre.
Cette phrase au conditionnel et cette évidence dans
ce verbe "s'il suffisait"...et oui, et pour tant de choses "s'il
suffisait".
Seulement, l'être humain est une machine bizarre, complexe,
paradoxale et totalement innattendue.
La maladie aussi l'est...on ne la commande pas à Noël...alors
avec des "si"!
Seulement s'il suffisait d'aimer pour guérir...ça
en a guéri plus d'un, les autres, ceux que la solitude à doucement
enveloppé de son voile transparent et si lourd, ont glissé irrémédiablement
vers ces démons, ces ombres noires, ces chappes de plomb si haïes
qui écrasent la poitrine et rongent le ventre.
Elle les a haït un jour
peut-être encore....
Toute la dimension de cette haine et la force de ce mot quand
l'insidieux serpent s'enroule autours de soi aux premières heures de
la nuit ou du jour et qu'il s'apprète à resserer les liens,
à mordre!
"Si seulement ils voyaient
leurs visages
Et l'horreur de leurs sourires"
C'est qu'ils ne manquent pas de sarcasme les bougres, ils
s'invitent chez vous et ne vous lachent plus, distillent ça et là
leur venin.
"Il n'y a que moi qui les rendent
sages"
Non! Ils sont là, terrés, cachés, prèts
à se jeter sur leur proie au moindre moment de faiblesse, un coup,
un seul, peut leur accorder le point de la victoire:
"Il n'y a que moi qui sache
vraiment
Où tout ça va finir
Un suicide si long si lent
Je n'verrais pas par où le coup arrive
Je ne sens rien pour le moment
Mais l'espoir est dans mon corps
Si mes démons me mordent encore
Je signe mon arrêt de mort"
Qui sont-ils?
Peut importe....Chacun a les siens, chacun voit leur visage
selon leur vécu. Ceux de Véronique éclatent sur la scène
du théâtre du Châtelet, tenus, maitrisés, presque
apprivoisés par la musique, elle seule semble les rendre sages, les
hypnotiser et les faire taire...un peu...mais ils sont toujours là.
Ils arrivent sans bruit, ondulants, et même si on tente de s'habituer
à leurs continuelles intrusions, ils sont plus vicieux, invisible mal
qui se glisse dans les veines jusqu'à l'âme, jusqu'au coeur,
jusqu'au point final...
"Et je les hais
Oh je les hais
Mais ils me tiennent
Par le bout de mon âme ils me tiennent
Je les hais
Oh je les hais
Mais ils me tiennent
Par le bout de mes veines ils me tiennent"
La poitrine se serre, on étouffe, à la hauteur
du coeur, un bleu, une plaie ouverte, persistante, c'est inféfinissable,
même le mot "mal" n'a plus de sens; cette chose noire qui
n'en fini plus de mordre.
"Paranoïa" n'est pas q'une chanson....elle
est leur chanson!
Ils ont longtemps planés, tels des aigles noirs, cachant
les rayons du soleil de leurs grandes ailes déployées, on les
sent, on les devine, mais on ne voit pas leurs visages jusqu'à ce qu'ils
rient, se rient de nous.
"S'il suffisait d'aimer....s'il suffisait qu'on s'aime..."
C'est la suite non?....je ne sais pas.
Pourquoi ce conditionnel?...."si"...n'est-ce pas
plus simple de dire:
"je t'aime, je t'aime, je t'aime
tu sais"
Elle a dû aimer à en crever , à vouloir
en crever Véronique....elle s'est relevé à chaque fois
malgrès tout. Et s'il faut tomber sept fois pour se relever huit pour
enfin chasser et tuer les démons selon le proverbe japonais, titre
du livre de Philippe Labro...mais là encore c'est une hypothèse,
il y a un "si"...
alors il faut prendre le poème dans toute son intégralité:
"Telle est la vie
Tomber 7 fois
Et se relever 8"

