Sur ces bribes de mélodies, des mots. Parfois provisoires, souvent définitifs : pour Véronique en effet, la voix d’un chanteur de rock ne doit être qu’un instrument parmi les autres. Et les mots n’ont pas droit de cité dans ses mélodies s’ils ne sonnent pas comme elle veut. Leur musique propre a pour elle autant d’importance que leur sens, et c’est dans la recherche de ce perpétuel équilibre que ses textes prennent force et distance. Ainsi trouve-t-on dans ses chansons des phrases comme "Les dimanches sont comme des requins"
Pourtant, les débuts avaient été hésitants. Véronique craignait d’avoir perdu le besoin de créer, redoutait de se répéter.
La chasse aux petits morceaux de papier qu’elle avait l’habitude de griffonner dès qu’une idée de mélodie lui venait, et qu’elle éparpillait dans la maison, avait ralenti. Les idées ne manquaient pas, mais Véronique voulait plus fort, plus suprenant. Comment avoir envie de défendre, avec la même foi qui l’habite depuis toujours, de nouvelles compositions, si elle ne peut d’abord s’étonner et s’émouvoir elle-même ?
Et puis le déclic est venu, une première chanson a été composée, arrangée, enregistrée : c’était une maquette, mais c’était clair : il y aurait un album, et pas n’importe quel album.