(France2). C’est seulement le 3e numéro de la nouvelle émission de Nagui et des ses acolytes Puliccino (image) et Cramer (son), sans doute la seule (la dernière ?) création passionnante en matière de télé musicale de ces trente dernières années.
Enregistrée 3 jours plus tôt dans les conditions du direct, l’émission est dédiée lors de sa diffusion aux Négresses Vertes, dont c’est la dernière prestation avec Helno, le chanteur, qui a trouvé la mort dans la nuit après l’enregistrement.
Passons sur le portrait de présentation, qui se veut humoristique (la séquence sera rapidement abandonnée), et sur les interviews de Nagui, le plus souvent pertinent, parfois balourd, et attardons-nous sur le très haut niveau musical du show, c’est son but.
Les musiciens avec qui Véronique s’apprête à monter sur la scène du Zénith sont à Los Angeles, il faut donc réunir à l’arraché quelques fidèles copains d’ici : Dominique Bertram à la basse, Bernard Swell à la guitare, Peter Lorne et Corinne Draï (habituellement chœurs de Maurane) aux voix, Corinne venue avec son frère Philippe, percussionniste. Et comme souvent l’urgence produit un grand résultat : un son plus acoustique, dans lequel le piano tient la première place rythmique en l’absence de batterie, et une musicalité brute bien différente des sons très synthétiques qu’elle va présenter en tournée cette année-là. Ces versions de Celui qui n’essaie pas, dont pour une fois le piano puissant ressort vraiment, Ainsi s’en va la vie, Full Tilt Frog, et même la parodie française de Summertime, rebaptisée Cette montagne, sont d’une telle qualité qu’elles ont été choisies pour figurer sur un des DVD bonus de l’Intégrale Et Voilà ! parue en 2008.
Invités à partager des duos avec Véronique, Dany Brillant pour Fever (“Il ressemble tellement à Elvis Presley !”) et William Sheller. Celui-ci a faxé le matin-même à Véronique les accords de ses chansons, elle a répété Les miroirs dans la boue. “Tu commences par un mi bémol tout con”. Les deux pianos à queues sont tête-bêche. “On fait comme à la maison.” Nagui, heureux (comme nous) de voir réunis ces deux grands amis pour la première fois, insiste pour en avoir une deuxième, qu’ils ont tentée en répétitions, mais Oh ! je cours tout seul n’est manifestement pas au point. On évoque ensuite la possibilité d’un concert commun à deux pianos, qui restera à jamais à l’état de rêve.
Avec aussi Keziah Jones et Jocelyne Béroard.
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